Voici quelques détails sur mes activités passées

J'ai maintenant le statut de retraité à l'issue de ma carrière en tant que Directeur de Recherches au CNRS. Je conserve néanmoins une activité scientifique, entre autre au travers de la liaison de longue date avec mes collègues de République Tchèque. Mes intérêts scientifiques en tant que biologiste sont centrés sur l'étude des gamètes (sperme et oeuf) de différentes espèces.

En visionnant cette vidéo, vous aurez un aperçu de mes centres d'intérêt scientifiques:  https://vimeo.com/364061028

Vous trouverez ci-dessous une forme de résumé (copie d'un rapport CNRS) retraçant en quelques détails mon passé scientifique.

EN 2010, juste avant mon départ à la retraite, je fais partie alors de l’UMR 7009 du CNRS (BioDev) dirigée par Evelyne Houliston à la Station Marine de Villefranche sur mer (Université P & M Curie, maintenant associée à "Sorbone Université") où je me trouve depuis 1981. Auparavant, j’ai été initialement formé à la recherche au Centre de Génétique Moléculaire, CNRS de Gif sur Yvette (1969-77) puis en séjour post-doctoral pour 2 années aux USA (Université d’Hawaii puis Columbia University, New York 1977-78). Les différentes collaborations que j’entretiens avec de nombreux laboratoires étrangers font que mes activités de recherche sont assez délocalisées dans ces autres laboratoires: Canada, USA, Japon, Republique Tchèque, Iran, Mexique, Indonésie, Chili, Israel, Espagne, Chine, Norvège ou Polynésie par exemples.

Mes principaux thèmes de recherche concernent la motilité, la biogénèse, la régulation des cils et flagelles, que j’étudie aux niveaux moléculaires et cellulaires et qui sont présents dans des types de cellules aussi variés que des spermatozoïdes d’oursins, ceux de poissons, ou encore des unicellulaires flagellés, des cellules d’embryons, des cellules bronchiques ciliées humaines, etc.

Les cils sont des extensions cellulaires des eucaryotes, très riches en microtubules et chargées de fonctions essentielles de motilité et de détection de signaux extra cellulaires.  Dans les spermatozoïdes et les eucaryotes unicellulaires, une forme motile de cils appelée flagelle exerce une force propulsive qui permet à la cellule de se déplacer rapidement dans l’espace liquide grâce à des mouvements rythmiques, alors que dans les cellules épithéliales ou dans des protistes ciliés, c’est l’ensemble de ces cils qui, en battant en harmonie, font se mouvoir le fluide environnant. Dans les photorecepteurs des cellules de vertébrés ou dans les neurones mechano- ou chemo-recepteurs d’invertébrés, l’ensemble de la machinerie transduisant les signaux lumineux ou sensitifs captés, se trouve hébergé dans un compartiment spécialisé dérivé du cil. 

Le mécanisme par lequel le battement rythmique des cils ou flagelles est généré et entretenu n'est actuellement que très partiellement compris. Etant donné l’ubiquité de la structure de tout axonème, l’énorme gamme de cellules ou de tissus équipés de cils/flagelles et l’extraordinaire diversité des rôles remplis par ces cils/flagelles, plusieurs des questions de bases posées par ces organelles subsistent : 

1– comment des fonctions spécifiques, comme celle de motilité, sont-elles assurées au niveau moléculaire, sachant que, associés aux microtubules, 4 à 500 types de polypeptides au minimum, entrent dans la composition d’un cil/flagelle et sont très ubiquitaires dans le monde vivant ; 

2- comment réguler ces différentes fonctions et quel est le rôle attribuable à tel ou tel polypeptide dans la régulation de chacune de ces fonctions, par exemple nutrition ou réorientation par rapport à la lumière pour des flagellés unicellulaires, nage jusqu’à l’oeuf (éventuellement dirigée par chimiotactisme) pour effectuer la fécondation, etc; 

3- comment l’assemblage des éléments protéïques présents dans un cil/flagelle est-il orchestré durant la ciliogénèse. La compréhension de ces domaines a progressé très rapidement dans les deux dernières décénies grâce à la possibilité de visualisation en temps réel (vidéomicroscopie) du mouvement rapide des cils ou flagelles mais aussi du transport des éléments servant à batir un flagelle ce qui a conduit à l'identification des principaux moteurs moléculaires responsables de ce transport.

On connaît à l’heure actuelle plusieurs ensembles de données importantes qui sous-tendent les mécanismes moteurs : l’armature interne consiste en un arrangement cylindrique de 9 doubles microtubules avec au centre une paire de microtubules simples. Cet échaffaudage complexe, associé à de très nombreuses proteines motrices et régulatrices se nomme « axonème » et est suffisant pour générer le mouvement rythmique d’un cil ou flagelle natif, moyennant l’apport exogène d’énergie, sous forme d’ATP.

Mes recherches entrent dans le cadre de chacun des trois thèmes évoqués ci-dessus :

1-    rôle des composants moléculaires d’un flagelle dans la fonction de motilité: nos résultats ont permis d’identifier le rôle de nombre des composants d’un axonème (assemblage multiprotéique très complexe et suffisant pour la motilité du flagelle) en utilisant une stratégie de sélection d’anticorps monoclonaux visant des épitopes spécifiquement impliqués dans la motilité axonèmale. Plusieurs modèles biologiques ont été utilisés : flagelles d’unicellulaires (chlamydomonas, dinoflagellés, trypanosomes) et de spermatozoïdes d’oursins, et aussi de poissons ou d’humains, etc.

2-    régulation de fonctions assurées par les flagelles: cette régulation pouvant être d’origine "interne" ou "externe", entendant par régulation interne la régulation intègrée dans l’axonème qui se suffit à lui-même en assurant dans le flagelle “toute” motilité de base (house keeping) par opposition à la régulation provenant de signaux “externes” visant à provoquer une réaction à tel ou tel stimulus, par exemple dans des unicellulaires comme les dinoflagellés capables de répondre à des signaux tactiles ou lumineux p. ex. ou comme les spermatozoïdes (poissons p. ex.) capables de répondre à des signaux ioniques les activant ou les inactivant ou encore à des signaux chimiques spécifiques et capables de les réorienter vers l'oeuf (chimiotactisme chez les ascidies ou les siphonophores du macroplancton).

3-    ciliogénèse que j'ai étudié dans les embryons d'oursins ou d’autres animaux marins, utilisant des conditions expérimentales permettant de suivre la repousse de ces cils dans l'heure qui suit la déciliation.

Le précédent rapport (2008-9) a fait in extenso le point sur les contributions que j’ai apportées dans ces domaines au cours de ma carrière au CNRS. Durant la période allant d’Octobre 2008 à Octobre 2009, je me suis consacré à l’enseignement universitaire à l’Université de Polynésie Française. A cet effet, j’ai obtenu un détachement du CNRS vers cette Université et bénéficié d’un poste transitoire de Professeur de Février à Octobre 2009. A cette occasion, j’ai enseigné aux étudiants de Licence de cette Université plusieurs aspects de la biologie : Biologie Cellulaire, Biologie des Gamètes et de la Reproduction ainsi que des notions d’Immunologie et d’Evolution Moléculaire.

En complément, j’ai pu participer, durant cette période, à la recherche polynésienne en aquaculture : en collaboration avec des collègues locaux d’IFREMER (C.O.B. à Vairao) et de l’Université de Polynésie Française (Laboratoire de Biologie Terrestre et Marine - EA 4239), nous avons développé un programme d’étude des gamètes mâles d’huitres locales d’intérêt aquacole et commercial : l’huitre perlière Pinctada margaritifera, productrice de perles noires de haute valeur commerciale. Nous avons essentiellement caractérisé les paramètres contrôlant la motilité de ces spermatozoïdes et leur capacité de métabolisme respiratoire ; nous avons aussi décrit en détails les caractéristiques de motilité de leurs flagelles (fréquence, amplitude ou longueur d’onde) dans différentes situations physiologiques. J’ai aussi participé à un colloque international en Polynésie (11th Pacific Science InterCongress, Papeete, 2-6 March 2009) où j’ai présenté deux communications orales, deux posters et deux communication écrites (voir N°s 3 et 4  dans la liste ci-dessous). 

J’ai néanmoins pu aussi durant cette période continuer la collaboration avec les collègues de République Tchèque (Faculty of Fisheries and Protection of Waters, University of South Bohemia, 389 25 - Vodnany, Czech Republic.) dans le domaine de l’aquaculture avec qui nous avons développé de nombreux programmes depuis 20 ans. Dans ce cadre, j’ai participé en Novembre 2009, en République Tchèque, à un colloque international en tant que conférencier invité et ayant pour thème « Science 20 years after the Velvet Revolution ». Au début de Décembre 2009, j’ai reçu la distinction de Dr Honoris Causa de l’Université Tchèque de Ceszke-Budijovice. Cette nomination est assortie de la possibilité pour moi d’enseigner dans cette Université et je prévois donc en 2010 et par la suite de dispenser deux semestres d’enseignement en Licence et Doctorat et portant sur plusieurs aspects de la biologie (Biologie Cellulaire, Biologie des Gamètes et de la Reproduction, Immunologie). Je continuerai aussi durant cette période les différents aspect de recherches menées en collaboration avec ces collègues tchèques et français sur les gamètes de nombreuses espèces de poissons d’intérêt aquacole.

Je me trouve maintenant à l’approche de l’échéance pour mon départ à la retraite et souhaite aussi me consacrer à continuer la rédaction d’articles de revue dans l’un des domaines qui m’a intéressé au cours de ma carrière scientifique : la maitrise des paramètres contrôlant la motilité des cils ou des flagelles et les mécanismes permettant l'orientation des spermatozoïdes en direction de l'oeuf.

 Mes publications (voir la page "Publications": j'ai publié et co-signé plus de 250 articles dans des revues avec comité de lecture ainsi que de nombreux livres ou chapitres de livre (15 environ). De plus, j'ai eu l'occasion de présenter plus de 70 communications dans le cadre de réunions scientifiques où j'ai été invité.